Le présent ouvrage est le fruit des travaux du groupe de recherche HyperNietzsche, notamment à l'occasion du congrès international qui s'est tenu à Paris, du 6 au 9 novembre 2019 à Sorbonne Université, à l'École norale supérieure et à l'Institut d'études avancées.
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Intitulé "Nietzsche et la France, la France et Nietzsche", ce congrès a offert l'opportunité d'analyser, d'une part, la manière dont Nietzsche s'est approprié la grande culture française de la décadence et, d'autre part, le rôle que les interprètes français ont joué, tout au long du XXe siècle, dans la réinterprétation et la diffusion de sa philosophie (page 583.). "Il est grand temps que je revienne au monde en tant que Français ", déclarait Friedrich Nietzsche en 1888. Agacé par la posture moralisante de ses contemporains allemands, Nietzsche était au contraire fasciné par l’«esprit français ». S’il décriait ceux qui prétendent savoir ce qui est bien et ce qui est mal, il appréciait l’analyse sèche et désenchantée des grands moralistes français, de Montaigne à Voltaire. À partir de 1883, il a tissé un dialogue profond et constant avec les œuvres des écrivains, critiques, historiens et philosophes représentants de la culture française de la décadence : Baudelaire, Bourget, Renan, Taine, les Goncourt. Analysant les multiples facettes de cette sensibilité hexagonale, ce livre propose d’éclairer non seulement le nietzschéisme, mais aussi sa fulgurante diffusion en France puis en Europe dès les années 1890. Car, si Nietzsche a aimé la France, la France aura aussi – tout au long du XXe siècle – aimé et discuté Nietzsche. Les différents moments de sa réception sont scandés par les noms de Bataille dans les années 1930, de Camus ensuite, puis de Deleuze, Foucault et Derrida lors de la « Nietzsche Renaissance » de l’après-guerre. Un éclairage contextuel sans lequel on ne saurait comprendre à la fois les références, les inspirations et les enjeux de la pensée du philosophe (4e de couverture)