Sa vie (lucide) durant, Nietzsche n a cessé d entretenir un rapport problématique au grand philosophe grec, à tel point qu il relève effectivement d une véritable aporie philosophique. Il se traduit, notamment, par un phénomène d attraction/répulsion permanent, de fascination et de révulsion, qui fait qu il ne parvient jamais à se défaire de l emprise que Socrate exerce sur lui.
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La critique du socratisme est indissociable du projet philosophique nietzschéen, dans la mesure où l époque dans laquelle vit le philosophe d outre-Rhin est l héritière de ce socratisme. Mais, les deux grands philosophes convergent sur un point essentiel: ils ont su, l un et l autre, penser la crise mortelle de leur temps, ils l ont mortellement pensée.Désireux de s éprouver au plus profond de lui-même, la tragédie volontaire de l homme qui voulait «philosopher à coups de marteau» fut un monodrame au sein duquel le grand athénien fut le seul partenaire qu il toléra, pour combattre sa solitude tragique. C est que l existence de l homme demeure un imparfait à jamais perfectible. Tout comme Socrate, son maître, Nietzsche a choisi de vivre puis de mourir dans la lumière: son effondrement psychique n est, au fond, qu une mort dans la lumière de la philosophie. (4ede couverture)