La Contemplation de Dieu. tome IV, lectures de trois traités de saint Anselme du Bec sur la conception virginale et le péché originel, la procession de l'Esprit Saint et les sacrements
Si la Lettre sur les sacrements de l'Église ne pose pas d'autre difficulté que celle de répondre avec douceur aux pamphlétaires grecs tenant l'usage latin du pain azyme pour contraire à l'Évangile, les deux traités qui la précèdent, autant sur le péché originel et la conception virginale que sur la procession de l'Esprit Saint, posent celle de la réinterprétation d'Augustin.
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N'acceptant pas que le péché originel fût placé dans la semence reçue d'Adam, mais gardant la thèse d'une condamnation des enfants morts sans baptême, le premier traité aboutit à l'absurde notion d une « nature pécheresse », ce qui scelle l'absence de fondement des ajouts du Docteur de la grâce aux canons du concile de Carthage (418). Ignorant les décrets du pape Damase (382) qui faussèrent la portée du troisième article du concile de Constantinople (381) en remplaçant la parole du Christ sur « Dieu [qui] est Esprit » (Jn 4, 24) par la formule : « l'Esprit est Dieu », le second traité développe la conjecture lancée par Augustin sur une procession de l'Esprit à partir du Père et du Fils, mais ne réussit pas à éviter dans sa dialectique un paralogisme qui montre la vanité de cette addition aux Écritures comme de la querelle qui s'en est suivie avec l'Orient. De nouvelle doctrine sur l'Esprit qui s'accordât avec la nouveauté de la christologie du "Cur Deux homo", Anselme n'eut le temps, par la suite, que d'en présenter tel ou tel linéament. Michel Corbin, jésuite, professeur honoraire de l'Institut catholique de Paris, dirige, aux éditions du Cerf, la publication de l'oeuvre complète de saint Anselme. (éditeur)